J’ai récemment déplacé une bonne partie de mon travail de Claude vers Codex. La migration n’était pas très compliquée puisque les deux outils utilisent le format ouvert Agent Skills : en quelques clics, j’ai pu reprendre mes skills.

Ce changement m’a surtout fait réaliser que je ne voulais plus dépendre d’un seul agent. Aujourd’hui, Codex peut être plus adapté à un besoin, demain ce sera peut-être Grok, puis Claude sur un usage précis. Si toutes mes méthodes restent rangées dans un seul outil, je risque de continuer à l’utiliser par facilité, même lorsqu’un autre ferait mieux le travail.

Depuis quelque temps, je construis donc une partie de mes skills différemment. Claude ou Codex commence par aller lire une page Notion dans laquelle je garde les instructions. Je trouve beaucoup plus simple et plus user friendly de modifier cette page que de rouvrir l’éditeur de chaque outil. Je corrige la méthode une seule fois dans Notion, puis l’agent vient lire la version actuelle lorsqu’il dispose des bons accès.

Cette semaine, Notion a justement présenté la possibilité de transformer des pages en skills et de les organiser dans une bibliothèque. Cela prolonge assez naturellement ce que je faisais déjà : Notion conserve la méthode et l’agent le plus adapté vient l’utiliser.

L’accès depuis le mobile est aussi utile. Une page Notion reste disponible lorsque mon ordinateur est éteint, ce qui me permet au moins de relire ou de corriger la méthode depuis mon téléphone. Ce n’est pas ma raison principale pour organiser mes skills ainsi, mais cela compte dans mon usage.

Un skill ne devrait pas appartenir à Claude ou à Codex

Un skill n’est pas seulement un prompt bien écrit. C’est une méthode de travail que tu as formalisée pour pouvoir la réutiliser : préparer un rendez-vous client, relire un contrat, mettre à jour un CRM, transformer des notes en plan d’action ou appliquer une charte éditoriale.

Il contient le contexte, les étapes, les règles et le résultat attendu.

Tu peux construire et améliorer progressivement dix skills dans Claude, puis vouloir passer à Codex six mois plus tard. C’est ce qui m’est arrivé 🙂

Le format ouvert Agent Skills permet de copier les dossiers en quelques clics. Mais tu dois encore maintenir les différentes versions si la méthode continue d’évoluer.

C’est pour cette raison que je préfère garder la méthode dans Notion et laisser les agents venir la lire.

Ce que Notion vient réellement d’ajouter

Notion permet maintenant de transformer une page en skill. On peut aussi créer une base de données dédiée : chaque page ajoutée devient alors un skill, avec une description que Notion Agent utilise pour comprendre quand l’activer.

Comme le skill reste une page Notion, tu peux le modifier facilement, gérer les droits d’accès, le partager avec les bonnes personnes, le classer et retrouver son historique.

Notion permet également de télécharger un skill dans un dossier local pour l’utiliser avec un autre outil, comme Claude Code.

Les skills s’appuient sur le format ouvert Agent Skills. On retrouve à la base un fichier SKILL.md qui contient le nom, la description et les instructions. Il peut être complété par des références, des scripts ou des modèles.

Codex utilise lui aussi ce standard. Le skill peut donc circuler entre plusieurs outils compatibles, même si chaque copie doit encore être maintenue.

C’est déjà ainsi que je fonctionne sur une partie de mes usages : le skill local sert de porte d’entrée et la méthode reste dans Notion. La nouvelle fonction de Notion formalise quelque chose que je faisais jusqu’ici de manière plus artisanale.

Depuis le mobile, sans sortir l’ordinateur

Pouvoir choisir l’agent le plus adapté reste, pour moi, la raison principale d’organiser mes méthodes dans Notion. Le mobile apporte un avantage supplémentaire très concret.

Depuis mon téléphone, je peux parfois accéder à Claude ou à Codex en mode remote. Mais l’ordinateur qui héberge les skills locaux doit rester allumé. Ce n’est pas toujours utile lorsqu’il est dans mon sac et que je ne peux pas l’ouvrir, par exemple dans le métro, en marchant ou dans une salle d’attente.

Une page Notion reste accessible depuis le mobile, même dans ces moments-là. Je peux au minimum relire ou corriger la méthode depuis mon téléphone. Et si l’agent dispose des bons accès à Notion, il peut retrouver la même version de référence.

En entreprise, construire une bibliothèque de skills partagée

À l’échelle d’une entreprise, l’intérêt est de regrouper les bonnes méthodes dans une bibliothèque commune. Un commercial peut y déposer son skill pour préparer une revue de pipeline, les RH leur méthode pour synthétiser des entretiens et le juridique sa grille de relecture.

Tant que ces méthodes restent dans les outils ou les dossiers personnels de leurs créateurs, l’entreprise dépend d’eux. S’ils changent de poste, d’outil ou quittent l’entreprise, une partie du savoir-faire peut disparaître avec eux.

Dans Notion, le process reste accessible aux personnes qui en ont besoin. Un collègue peut le reprendre, l’améliorer et l’utiliser avec l’agent le plus adapté. Il faut toujours préciser qui maintient le skill et ce qu’un humain doit valider, mais l’entreprise dépend moins de quelques personnes clés et davantage de méthodes partagées.

Notion ne remplace pas les outils IA

Je ne cherche pas à tout exécuter dans Notion. Notion Agent peut utiliser les skills directement dans le workspace, mais certaines tâches restent, à mon avis, mieux réalisées dans Claude, Codex ou un autre agent spécialisé.

Dans mon organisation, Notion conserve le contexte et les méthodes. Les outils IA viennent ensuite réaliser le travail. Je peux changer d’outil sans reconstruire toute mon organisation.

Il reste quelques limites

Télécharger un skill depuis Notion crée encore une copie locale. Si la page évolue, il faut mettre à jour la version installée dans l’autre outil. Il n’existe pas encore de synchronisation automatique et universelle entre tous les agents.

C’est aussi pour cela que je préfère, lorsque c’est possible, demander au skill d’aller lire directement la méthode dans Notion.

Par où commencer ?

Choisis une tâche que tu répètes régulièrement et que tu expliques toujours de la même manière. Crée une page Notion et réponds à quatre questions :

  • Quand ce skill doit-il être utilisé ?
  • De quelles informations a-t-il besoin ?
  • Quelles étapes doit-il suivre ?
  • Quel résultat doit-il produire ?

Teste-le sur un vrai cas, puis corrige la méthode dans Notion en fonction de ce qui fonctionne réellement.

Sources et documentation

Notion : créer et gérer des skills Agent Skills : présentation du format ouvert Agent Skills : spécification OpenAI : créer et utiliser des skills dans ChatGPT et Codex Post NotionHQ à l’origine de l’article