Je vois régulièrement passer sur les réseaux sociaux des personnes qui proposent de créer le site d’un plombier, d’un artisan du bâtiment ou d’une petite entreprise en cinq minutes, à partir d’un prompt tout fait.

Pour moi, beaucoup de ces sites ne servent à rien.

Ils pourraient ne pas exister, ou simplement renvoyer vers une page Facebook : cela ne changerait presque rien.

Parce qu’un site doit parler à la cible de l’entreprise, à son client idéal.

Sinon, à quoi sert-il vraiment ?

Quel problème veux-tu réellement résoudre ?

Avant de créer un site pour ton activité ou pour un client, la première chose à faire est de comprendre le besoin business.

Est-ce qu’il faut :

  • trouver de nouveaux prospects ;
  • renforcer la crédibilité de l’entreprise ;
  • mieux qualifier les demandes entrantes ;
  • présenter des réalisations ;
  • publier régulièrement des articles ;
  • ou créer une page d’arrivée pour des campagnes publicitaires ?

Les réponses ne conduisent pas au même site.

Un artisan qui veut surtout rassurer les personnes qui l’ont trouvé sur Google n’a pas les mêmes besoins qu’un cabinet qui veut attirer des prospects sur plusieurs villes, publier du contenu et suivre chaque demande dans un CRM.

On ne construit donc pas un produit générique que l’on essaie ensuite d’adapter aux besoins du client.

On commence par faire l’inventaire de ses besoins. Ensuite seulement, on décide comment le site peut y répondre.

Un site accueille les prospects

Désolé de casser le rêve, mais mettre un site en ligne ne déclenche pas automatiquement l’arrivée de dizaines de clients.

Le site sert d’abord de lieu d’accueil.

Quand une personne arrive dessus, elle doit comprendre rapidement :

  1. quelle est ton offre ;
  2. quel problème elle résout ;
  3. à quel type de client elle s’adresse ;
  4. pourquoi elle peut te faire confiance ;
  5. et ce qu’elle doit faire ensuite.

Les réalisations, les témoignages et les exemples ne sont donc pas de la décoration. Ils aident le prospect à vérifier que tu sais réellement traiter un problème qui ressemble au sien.

Mais même un site parfaitement conçu peut rester invisible si personne n’a de raison d’y arriver.

D’où viendront les visiteurs ?

Cette question doit être posée avant la création du site, pas après sa mise en ligne.

Les visiteurs peuvent venir de plusieurs endroits :

  • une fiche Google Business Profile ;
  • les résultats naturels de Google Search ou de Google Maps ;
  • une campagne Google Ads ;
  • Facebook, Instagram ou LinkedIn ;
  • un annuaire professionnel ;
  • une carte de visite, un devis ou une signature d’e-mail.

Les canaux pertinents dépendent du métier.

Une personne qui cherche un plombier à proximité consultera probablement les résultats locaux et Google Maps. Dans ce cas, la localisation, la qualité de la fiche d’établissement, les informations disponibles et les avis jouent un rôle important.

Pour une recherche comme « architecte Drôme » ou « architecte Lyon », la concurrence et le parcours peuvent être différents. Il peut alors devenir utile de travailler des pages précises, des contenus et des mots-clés pour aider les bonnes personnes à trouver le site.

Google découvre automatiquement une grande partie des pages publiées sur le web. Un sitemap et Search Console peuvent toutefois aider à lui présenter les URL importantes et à repérer d’éventuels problèmes d’exploration ou d’indexation.

Comprendre le classement local sur Google Comprendre comment Google découvre et indexe les pages Créer et soumettre un sitemap

La publicité comme moteur

Si l’offre correspond à des recherches précises sur Google ou à une audience identifiable sur Facebook ou Instagram, la publicité peut accélérer l’arrivée de visiteurs.

Mais elle n’est pas obligatoire. Et surtout, elle ne corrige pas une offre incompréhensible.

Avant de lancer une campagne, je veux pouvoir répondre à trois questions :

  • combien vaut réellement un nouveau client ;
  • combien suis-je prêt à dépenser pour l’acquérir ;
  • quelle action permettra de mesurer si la campagne fonctionne ?

Un petit budget peut servir à tester des mots-clés, des messages ou une audience. Il ne garantit ni un volume de clics ni de nouveaux clients.

Le but du test est justement d’observer ce qui se passe, puis d’ajuster le ciblage, les annonces et les pages d’arrivée.

Évaluer le trafic vers un site avec Google Ads

Le chantier continue après la mise en ligne

Avec des Ads, tu peux diffuser ton offre et faire venir des visiteurs sur ton site.

Mais si tu ne fais pas une vraie analyse de l’efficacité de tes campagnes, tu risques surtout de dépenser beaucoup d’argent pour rien.

Chaque semaine, tu peux regarder :

  • les termes de recherche qui ont déclenché tes annonces ;
  • le nombre d’impressions et de clics ;
  • le taux de clic ;
  • les pages d’arrivée consultées ;
  • ce que les visiteurs font ensuite sur le site ;
  • et surtout, les demandes réellement reçues.

Google Ads fournit les données liées aux annonces et aux recherches. Un outil comme PostHog peut ensuite t’aider à comprendre quelles pages les visiteurs consultent et où ils quittent le parcours.

L’objectif n’est pas seulement de générer du trafic.

C’est d’observer ce trafic pour améliorer progressivement les mots-clés, les annonces, les pages et le chemin qui mène à la prise de contact.

Et une fois la demande reçue, il faut encore savoir où elle arrive, qui doit répondre et quand la relancer. C’est là qu’un CRM simple peut prendre le relais.

Analyser les termes de recherche dans Google Ads Faire son CRM sur Notion pour prendre le relais

Un site doit produire un résultat, pas seulement des pages

Alors, à quoi doit servir le site d’une petite entreprise ?

Il doit montrer :

  • ce que l’entreprise propose ;
  • quels problèmes elle résout ;
  • à qui son offre correspond ;
  • pourquoi elle est crédible ;
  • et quelle est la prochaine étape.

Le bon prospect doit pouvoir se reconnaître dans le client décrit et retrouver ses propres difficultés dans les problèmes présentés.

Ensuite, il faut aller chercher cette personne là où elle se trouve : dans les résultats locaux, sur Google, sur les réseaux sociaux, grâce à la publicité ou par l’intermédiaire de partenaires.

Le site n’est donc pas, à lui seul, une stratégie de visibilité.

C’est l’endroit où cette stratégie devient visible, crédible et actionnable.

Si tu refaisais ton site demain, qu’est-ce qui devrait concrètement changer dans ton activité pour que le projet soit vraiment utile ?